Entretien avec Christina Dean, fondatrice de Redress

Mardi, c’était la journée des femmes, pour l’occasion je vous propose d’en découvrir un peu plus sur une femme engagée qui fait un boulot extraordinaire pour changer l’industrie de la mode et du textile. Petit entretien avec Christina Dean, fondatrice de l’ONG Redress. Christina Dean est devenue particulièrement médiatisée après le défi « 365 jours de vêtements d’occasion » dont nous avions parlé il y a quelques mois. Tous les liens cités sont donnés à la toute fin de l’article.

L’entretien était mené en anglais, mais je vous propose de trouver la version française juste en dessous, un peu plus loin 🙂

Last Tuesday was women’s day and I had the chance to meet with Christina Dean for this occasion. Interview with this very commited woman who founded NGO Redress, an NGO promoting a more sustainable fashion through waste reduction. Christina got particularly mediatised after the « 365 days of secondhand challenge » that we talked about a few months ago in this blog. All the links to the brands/NGO mentionned in the interview are given at the end of this post.

 

Hi Christina, can you tell us a bit more about you and what made you create Redress?

I used to be just a “normal” person, just living. Without a strong passion towards my career. I was a practicing dentist in London. I was young you know, just starting on a new career, and when you are so young you do not know what your career is going to hold for you. But basically I didn’t really enjoy dentistry. So I re-trained as a journalist, and when I moved to Hong Kong, I worked there for a couple of years as a journalist, for many magazines, such as parenting magazines, or SCMP. I wrote about anything, health, travel, environment, best job ever, exploring the world. And in terms of exploring the world I landed upon the issues of China, and not just China, Asia I should say. Having come from Europe (UK), I was brought up in a very healthy environment and I never really have had to question how difficult it would be to live in a place that is not so healthy. So as a journalist I started to investigate about our wastes or how little was done to address it, and I was horrified by what I saw. I needed to do something, I started Redress. Although Redress has a bit of a different history, but that is essentially how it began. The purpose of Redress is to try and reduce wastes in the fashion industry. We try to promote sustainability in the fashion industry through waste reduction, it is particularly important in Asia, as they produce the clothes for the world (specifically China), but not just that, the economy is changing a lot in Asia too, and it is becoming a large consumer market.

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Marks & Spencer, grande enseigne modèle?

(Photo © Marks&Spencer)

Hier, M&S annonçait leur collaboration avec Livia Firth dont on avait parlé dans un précédent post lors de la London Fashion Week. S’associer avec Livia Firth, c’est un peu LE ticket pour être estampillé « Marque éthique, mode durable et responsable ». Livia Firth est incontournable dans le monde de la mode écolo-éthique. Elle est très connue pour ses positions contre la Fast Fashion, et pour autant, là elle s’associe avec une marque, qui de l’extérieur, ne semble pas bien différente de GAP, Zara, Tex ou H&M. Oui mais, en fait non.

Yesterday M&S announced their collaboration with Livia Firth (who we already talked about, during LFW). Partnering with Livia Firth it is the winning ticket to be classified as an ethical and sustainable fashion name. When it comes to green responsible ethical eco-fashion, Livia Firth is everywhere. She is very famous for her opinions against Fast Fashion, and yet, today she is partnering with a huge fashion label, that does not look that different from GAP, Zara, Tex or H&M from the outside. Yes, but actually no, they are quite different.

J’ai commencé à m’intéresser particulièrement à M&S quand ma copine qui est chargée de trouver les usines de fabrications adéquates en Asie pour une grosse enseigne suédoise – Oui j’ai une copine qui fait ça et on s’entend super bien 😉 – m’a dit qu’ils étaient bien plus en avance que ce que l’on pourrait penser. Et elle m’a envoyé le lien vers une vidéo qui présente Brandix, la toute première usine textile eco-friendly, implantée au Sri-Lanka, à Seeduwa. Et c’était il y a 7 ans. Sa marque ne peut pas utiliser ses services, car elle a été construite en partenariat avec M&S.

I started to get interested into M&S when a friend of mine, responsible of sourcing the right factories in Asia for a big swedish label – Yes she is my friend and we get along really well 😉 – told me that brands like M&S were much more ahead of the game than what we could think. She sent me the link to a video that presents Brandix, one of the first eco-friendly garment factories, based in Sri-Lanka, in Seeduwa. And it was 7 years ago. Her brand cannot use the services of this factory, because it was built in partnership with M&S. 

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The true cost

Le génial documentaire que tout le monde devrait absolument voir. On a été captivés pendant 92 minutes. Évidemment en 92 minutes, impossible de traiter profondément tous les problèmes liés au mode de consommation actuel mais toutes les bonnes questions sont posées. Toutes les pistes de réflexion sont données au spectateur pour que son expérience shopping ne soit plus jamais la même.

Ce docu il a été fait par Andrew Morgan, et j’ai vraiment beaucoup aimé son style. Il ne bourre pas le crâne du spectateur comme un Michael Moore, du coup, son documentaire n’en est que plus efficace. Mais il aborde tous les problèmes liés à l’industrie du textile: la production du coton, du textile en général, les problèmes environnementaux et sanitaires qui en découlent, les conditions de travail des ouvriers du textile, la dangerosité de leur job, l’insalubrité des locaux, l’insuffisance de leurs salaires, la surconsommation, l’appauvrissement des occidentaux à qui on fait croire que consommer ça rend heureux, les montagnes de déchets textiles et plus globalement aussi les limites du système capitaliste actuel et la nécessité de complètement repenser le modèle économique pour le bien de tous, pour les humains, pour les générations futures et pour la planète. Je vous invite vraiment à jeter un coup d’œil au trailer:

Juste une mise en garde, certains passages du film sont très durs (images après l’effondrement du Rana Plaza, ou pendant les manifestations sanglantes au Cambodge), on a pas l’habitude de montrer ce genre d’image en France, et j’aurais aimé être informée avant.

Vous pouvez trouver plus d’info sur le film sur leur site internet: http://truecostmovie.com/ ainsi que le télécharger (en anglais). Si vous allez sur le site de People Tree, vous pourrez bénéficier d’une réduction de 50% (ce qui ramène à $4.99 / 4.50euros). People Tree c’est un peu l’Ekyog du Royaume-Uni (merci beaucoup à ma copine Mrs Monkey qui habite au Royaume-Uni de m’en avoir parlé!) et la PDGère que l’on voit beaucoup dans le docu a l’air d’être une femme engagée extra! Tout comme Christina Dean que l’on voit aussi dans le reportage (Redress) ainsi que Livia Firth (Eco Age) et Lucy Siegle à laquelle je me suis identifiée au début, quand elle parlait de toute sa garde-robe, et de rien qui finalement n’allait ensemble. Stella McCartney intervient aussi dans le film, et je pense qu’elle dit la chose qui m’a le plus marqué: l’industrie de la mode est au service du consommateur, et non pas l’inverse, sans les consommateurs, elle n’est rien. Il ne faut donc pas oublier que c’est donc par nous tous et par nos choix que le changement viendra…

Un peu de téléréalité…

On pourrait penser de prime abord que le concept de téléréalité ne colle pas forcément avec mon propos depuis le début de ce blog, mais parfois, la téléréalité est utilisée à des fins pas trop mal, même si un bon reportage sérieux sans les larmes et le côté voyeurisme propre à la téléréalité serait à mes yeux toujours préférable.

En novembre dernier, la chaine norvégienne APTV a décidé d’envoyer 3 jeunes, fana de mode et de shopping (une des nanas tient un blog de style & de mode), là où la majeure partie des vêtements qu’ils portent et qu’ils promeuvent sont produits pour une misère: au Cambodge. Et puis de filmer tout ça. Ça donne 5 épisodes d’une dizaine de minutes de « Sweatshop deadly fashion » et puis tout plein de larmes. Tous les épisodes peuvent être regardés gratuitement sur le site officiel d’APTV en cliquant sur le lien suivant (sous-titrés en anglais).

Même si le reportage reste superficiel, je pense que le format est pas mal pour toucher les ados, gros consommateurs de mode à petit budget, en ça, ça ne peut qu’être positif ^^ Sur ce point d’ailleurs, on rappelle la campagne « Fashion mais pas con » du Collectif Éthique sur l’étiquette destinée à sensibiliser les jeunes. Je trouve vraiment ce collectif top au niveau de leur combat pour des conditions de travail justes pour les ouvriers du textile, et je suis complètement en accord avec la campagne de sensibilisation des jeunes. Je suis juste un peu moins fan du slogan qu’ils ont choisi. Les jeunes n’ont en général qu’un petit budget fringues, tout en ayant une pression plutôt forte de notre merveilleuse société actuelle pour être « bien sapés », surtout dans les grandes villes… Je vois ma petite sœur par exemple, qui était encore étudiante à Paris il y a quelques semaines, elle adorerait s’acheter la veste Gladys en polyester/coton recyclés de chez Ekyog pour passer ses entretiens, mais pas facile de dépenser 239euros dans une veste avec son tout petit budget 😦 Je vous entends déjà me demander pourquoi je ne lui en couds pas une, mais c’est déjà assez difficile de coudre pour ma fille et mon mari, alors on va pas rajouter une veste de tailleur par dessus! ;p

Le collectif Éthique sur l’Étiquette

Pour être honnête je ne les ai découvert que relativement récemment lors d’une émission sur France Inter que j’écoutais car Muriel Pernin, la directrice des Atelières y était invitée.

Le collectif regroupe une vingtaine d’organisations (associations/ONG, syndicats etc.) complémentaires qui agissent toutes dans la même direction pour atteindre le même objectif: plus de responsabilité sociale dans les entreprises textiles. En pratique, le collectif milite pour qu’un salaire minimum et des conditions de travail / sociales décentes soit mis en place (par les gouvernements et/ou multinationales) dans les pays où sont fabriqués la majeure partie de nos vêtements (Bangladesh, Cambodge, Indonésie etc.).

Actuellement, les travailleurs textiles ne gagne pas toujours de quoi subvenir aux besoins de leur famille, alors qu’ils travaillent comme des fous parfois plus de 12h par jour, 6 jours sur 7, dans des conditions bien souvent déplorables (que ce soit au niveau humain ou sanitaire), voire dangereuses (usines insalubres). Quand on sait que quand on achète une paire de basket ou une chemise, seulement 1 voire 3% du prix total va au travailleur qui a fabriqué cette paire de basket / cette chemise, on se demande pourquoi on a même ce débat… Pour une chemise vendue 10 euros en France, seulement 30 centimes irait au travailleur, franchement est-ce que 30 autres centimes en plus feraient vraiment une différence??? Non, sauf si on commence à parler en terme d’actionnariat, et de millions de chemises… Un petit document très intéressant compilé par le collectif répond aux 10 excuses les plus fréquemment citées par les entreprises pour justifier l’injustifiable, vous pouvez le trouver en cliquant sur le lien ici.

En tant que consommatrice, qui s’est bien souvent rendue d’ailleurs chez H&M ou Zara, je me suis fréquemment posé la question de ce que je pouvais faire à mon niveau. Je ne peux pas rajouter 1 euro au passage à la caisse en disant à la caissière de les mettre dans une petite enveloppe et les envoyer à Chandni ou Achariya pour leur faire une petite prime de fin de mois! C’est aux entreprises de produire leurs vêtements dans des bonnes conditions quitte à ce que ça rajoute quelques centimes d’euros, voire quelques euros sur la note finale.

Mais pourquoi le feraient-elles si le consommateur continue d’acheter chez elles? Tant que leur bénéfices ne sont pas touchés, pourquoi changer quelque chose qui marche? Hum, dans une démarche éthique peut-être? Ou parce que c’est juste…? J’en entend déjà rigoler… L’argent et les profits ne s’accordent pas toujours avec l’éthique… La seule réponse que j’aie trouvée c’est de boycotter ces marques. Les petits ruisseaux font les grandes rivières, si tout le monde se met à exiger des produits fabriqués dans des bonnes conditions, les entreprises devront suivre. Et puis en plus de ça, j’ai décidé de commencer un blog pour en parler et informer les autres, parce que ça ne sert pas forcément à grand chose de faire les choses dans son coin. Et plus on en parle, plus les entreprises devront faire quelque chose, parce que tout le patacaisse qu’on en fait, ou que les journalistes en font, ça nuit à leur image.

En tous les cas, je ne peux que vous inciter à aller farfouiller sur leur site qui fourmille d’informations sur le sujet. Et j’essaierai de vous proposer régulièrement des synthèses ou des articles plus détaillés sur un point en particulier.