La magie du crowdfounding :)

[Photo du carré Pas de Deux de Petitjean Paris, qui propose une ligne en soie hyper canonissime Made In France avec des détails sublimes.  Avec une première collection qui s’inspire en plus du Jura (je suis de Franche-Comté), impossible pour moi de ne pas les financer. Leur campagne sur Kickstarter a été un succès, et vous pouvez à présent retrouver leur collection sur leur site.]

La semaine de Fashion Revolution s’achève tout juste, et j’ai pu me rendre compte via le Makers x FashRev challenge qu’il y avait vraiment un engouement pour la consommation raisonnée, réfléchie et responsable. Que vous débordiez d’idées géniales pour faire durer vos vêtements préférés et tirer le maximum de vos coupons.

Bref, on est super nombreux sur cette blogosphère à vouloir consommer moins et mieux. Ce qui est merveilleux, c’est que de nos jours, on peut très facilement encourager les initiatives qui vont dans ce sens grâce au Crowdfounding (Financement participatif).

Je suis ferme partisane de la croissance verte. Je suis persuadée et convaincue que le développement économique peut se faire en harmonie avec la planète. Qu’il ne faut pas revenir en arrière, mais au contraire aller plus loin grâce à nos nouvelles connaissances. Que l’agriculture devienne plus propre tout en gardant des bons rendements grâce aux connaissances acquises sur la biodiversité et les écosystèmes (apparemment nos connaissances doubleraient tous les 5 ans!). Que les énergies renouvelables se développent et puissent un jour nous suffire. Que l’on invente des avions qui n’utilisent plus d’énergie fossile. La France, pays qui déborde de savoir-faire et d’excellentes écoles/universités devrait mettre le paquet là dessus. Je rêve d’un homme politique qui en fera son programme. Notre président avait mollement utilisé ces 2 mots magiques lors des vœux de la nouvelle année mais pour l’instant on n’a pas vu grand chose.

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Makers x FashRev

[English traduction just below the French text]

J’imagine que même si on n’y pense pas vraiment quand on achète, on voudrait tous que nos fringues soient de bonnes qualité, produites dans des bonnes conditions, respectueuses de l’homme et de l’environnement. Mais on ne sait pas forcément comment s’y prendre, on se dit qu’en tant que consommateur (et non pas PDG de Zara), on ne peut pas faire grand chose, et puis, on n’a pas forcément les moyens d’acheter du « bio-bobo-écolo ».

C’est pour ça que j’ai décidé cette année, pour Fashion Revolution Week, de lancer le challenge Makers x FashRev. Pour montrer que nous, la communauté des couturières, on est derrière l’action de FashRev, et qu’on peut faire quelque chose, qu’on veut aussi une mode plus transparente, avec des ouvriers textiles bien payés. Pas une mode qui fout en l’air les rivières, la faune, la flore de certains pays et la santé de ses habitants. Les vêtements et les matières éthiques et responsables ne devraient pas être un luxe, ils devraient être la norme.

J’imagine que beaucoup d’entre vous qui lisent ce blog en sont même à ne quasiment plus acheter de prêt-à-porter, et coudre tout vous-même. Mais les matières premières et le tissu doivent toujours être produits. Si vous avez un peu de temps, je vous invite vraiment à aller faire un petit tour sur le blog super intéressant d’Amandine des Trouvailles d’Amandine. Elle nous présente tous les textiles, nous explique comment ils sont faits, et quel impact ils ont sur l’homme et l’environnement. On se rend alors compte que même si en cousant à la maison, on a raccourci la chaine de fabrication, on a toujours un impact environnemental et humain important.

Heureusement, maintenant c’est de plus en plus facile de trouver des textiles eco/ethico-friendly, produits dans des bonnes conditions, parfois même de nouveau faits en France, parfois certifiés Oeko-Tex ou GOTS. Et devinez quoi? On vous propose donc de gagner tout ça la semaine de Fash Rev!! (whoop, whoop :P) En participant aux thèmes/défis suivants:

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Detox My Fashion

Tout arrive un peu en décalage à Hong Kong, mais j’ai enfin pu me procurer le dernier Newsweek qui traite dans un dossier de plusieurs pages de la « Toxic Fashion ».

L’article parle d’une province en Inde, autrefois agricole, qui a connu un boom industriel incroyable il y a 20 ans, quand les investisseurs étrangers ont décidé d’y implanter de nombreuses usines textiles, principalement des teintureries, avec les conséquences désastreuses que ça a eu sur l’environnement. Les teintureries ont besoin de beaucoup d’eau pour fonctionner, et en rejettent tout autant, dans les rivières, après l’avoir souillée avec des produits chimiques et autres métaux lourds. Non on ne teint plus les textiles avec du thé, du curcuma, du chou rouge ou des cochenilles écrabouillées…

Outre les 400 tonnes de poissons morts qu’ils ont retrouvés au fond de la rivière quand ils ont drainé le barrage, l’article parle des petits fermiers, qui autrefois, pouvaient vivre de leur production, mais qui, à présent, sont obligés de compter sur l’eau de pluie, pour espérer irriguer leurs cultures, sans les tuer. L’article mentionne aussi l’opacité en matière de sous-traitance, de contrôles du respect des règles environnementales en Inde, la corruption qui y est associée, la difficulté de faire appliquer la loi (avec des ateliers mobiles illégaux de teinture textile) et plus globalement comment les pays occidentaux (les USA en ligne de mire) ont pollué les pays en voie de développement. On sait bien le désastre environnemental que ça crée, mais ça va, c’est pas chez nous… L’article est long, complet, argumenté même si parfois il faut s’accrocher avec l’anglais ou les noms indiens, mais somme toute très intéressant. Il a aussi le mérite de soulever un autre problème lié au secteur du textile que celui des sweatshops, celui de la toxicité des produits utilisés et du traitement des eaux usées.

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Le label GOTS

(Je m’excuse pour la bien piètre illustration de cet article, mais je ne suis jamais allée dans un champ de coton, du coup j’ai pris une photo du bois de Boulogne… On fait avec ce qu’on trouve!)

Après Oeko-Tex, on poursuit notre tour du monde des labels et certifications, avec le label GOTS! Le label GOTS on le voit un peu partout, mais qu’est ce qu’il garantit exactement?

En gros, il te dit que ton produit, il est composé au minimum de 95% de produit biologique (reconnu par les autorités locales mais aussi par les autorités du pays dans lequel le produit fini est vendu). Mais pas que. L’ajout de produits chimiques, par exemple pour la teinture, est limité, certains produits toxiques (genre métaux lourds) sont bannis. Mais aussi, l’usine de production doit respecter un certain nombre de normes environnementales, particulièrement pour le traitement des eaux usées (Vous aviez entendu parler de cette rivière en Chine mystérieusement devenue toute rouge en une nuit?), la consommation de l’eau, de l’énergie. Et sociales. Comme l’interdiction du travail des enfants (ça nous semble évident chez nous, mais dans certains pays, c’est malheureusement encore courant), du travail forcé, mais aussi assurer une rémunération correcte et des conditions de travail acceptables.

Des organismes de certification indépendants sont chargés d’auditer les entreprises qui souhaitent obtenir ce label. Après, un label ça ne fait pas tout. Un label de nos jours, c’est surtout très vendeur. Surtout celui de « coton bio », parce que ça fait du bien à la conscience, et on se dit que ça ne peut qu’être bon pour notre peau ou celle de nos enfants. Mais il faut quand même faire attention, certains produits « bio » sont de mauvaise qualité, super mal teints (il faut bien rattraper le manque à gagner quelque part!), et vous déteindront dessus à la première goutte de sueur. Le fait que le coton soit bio ne vous garantit pas que la teinture est aussi bonne pour vous!

Aussi, ce n’est pas parce que la société n’est pas dans le répertoire GOTS qu’elle ne respecte pas l’environnement, ou ses travailleurs, loin de là. Ça peut tout simplement vouloir dire que remplir des tonnes de paperasse, ça la soule et qu’elle n’a pas que ça à faire, surtout quand la société est de toutes façons connue pour faire des produits d’une excellente qualité, et n’a plus rien a prouver! On peut donner l’exemple de la maison familiale Stragier, implantée en Belgique, qui se fournit en lin du nord de la France (ou de la Belgique), dont le bâtiment est une éco-construction ou encore qui utilise des poêles autrichiens à haut rendement pour le chauffage. Aucune de ces infos n’est trouvable sur leur site.

Sur une autre thématique, celle des légumes, je discutais l’autre jour avec le maraîcher qui possède la Dragontail Farm à Mui Wo (pour ceux qui habitent à Hong Kong), il n’a pas de certification bio, parce que ça représente une tonne de paperasse, et ça le soule. Son temps il le passe à cultiver ses légumes, à essayer de lutter contre les insectes, limaces ou mauvaises herbes diverses et variées dans son champs. Mais ses légumes sont excellents, ressemblent à ceux du jardin de ma mère, petits, non calibrés, parfois même pré-grignotés, probablement le meilleur signe qu’en effet il n’utilise pas de pesticide. Quand je compare avec l’Ecofarm du « Docteur Chief Farmer Lam » (aka le Chuck Norris des fermiers) qui truste le marché du panier de légume/fruit bio à Hong Kong, le contraste est saisissant. Chez Ecofarm (providence farm), tout est dans la communication, et on en rajoute sur les bienfaits des légumes bios à grand renfort de mots compliqués (que nous pauvres mortels ne pouvons pas comprendre), on brandit les merveilleux certificats organico-ecorcerto-bio et on en fait des tonnes sur la culture méga intelligente dans leur ferme (c’est pour ça que les insectes ont peur et que même les orages font demi-tour). Après 3 newsletters soulantes (pourtant tu te rappelles bien avoir coché la case « non je ne veux pas de nouvelles ») où on te rappelle que tu n’as pas commandé cette semaine et qu’il faut vite vite le faire avant que les stocks disparaissent, t’en peux plus, et tu réalises que vraiment, le bio c’est devenu parfois un méga-outil marketing!

Enfin, revenons au sujet qui nous préoccupait, pour en savoir plus, vous pouvez directement vous rendre sur leur site ou visionner leur petit film. Je ne vais pas recopier toutes leurs infos ici, ça n’aurait guère d’intérêt 😉

Et si vous recherchez une société qui imprime/tisse/teint/ [n’importe quelle étape du processus de fabrication]/produit des tissus/fringues labellisés GOTS? Vous pouvez faire vos recherches directement sur leur site.

Petite liste quand même pour vous de quelques fabricants de tissus certifiés GOTS en France Lire la suite

Oeko-Tex ® kézako?

En tant que consommateur ce n’est pas toujours facile de consommer responsable. Déjà qu’est-ce que ça veut vraiment dire responsable à l’époque de l’ultra-mondialisation? Est-ce qu’on parle d’un vêtement produit dans le respect de l’environnement, genre coton biologique, teinture à faible impact et autres? Ou d’un vêtement qui a été produit dans des conditions de travail respectueuses de l’être humain quelque part à l’autre bout du monde? Ou dans une usine qui gère bien ses déchets textiles? Le mot responsable est un gros fourre-tout et pas évident de s’y retrouver.

Par exemple, initialement j’ai décidé de faire ce blog pour des raisons éthiques. Parce que je ne suis pas d’accord avec les conditions dans lesquelles la plupart de nos vêtements sont fabriqués et que je ne souhaite plus contribuer à ce système. Mais bien évidemment je suis aussi sensible à l’environnement même si je trouve que souvent la promotion du coton biologique par certaines grosses marques tient plus de l’argument marketing que d’une véritable préoccupation par rapport à l’environnement. En effet proposer des vêtements qui sont sans danger pour le consommateur et sa peau, c’est plus vendeur que des vêtements qui ont été faits dans des bonnes conditions par des gens que de toutes façons on ne connait pas. Après tout qu’est-ce qu’une mini-ligne « made in Bangladesh » sur l’étiquette, on ne la remarque même pas.

Mais revenons à la question initiale, comment consommer responsable? La certification Oeko-Tex ® (Association Internationale pour la Recherche et le Contrôle dans le Secteur de l’Écologie Textile) peut peut-être vous aider sur ce point. Oeko-Tex c’est un organisme international de vérification et de certification dans le textile. Cet organisme propose principalement 2 certifications, l’une pour l’écologie « humaine », l’autre pour l’écologie « de production »:

  • La certification Oeko-Tex ® standard 100, celle-ci vérifie que le vêtement est sans danger pour le consommateur (écologie « humaine »), Petit-Bateau par exemple  est certifie Oeko-Tex ® standard 100, ça veut dire que leurs vêtements sont, selon les standards définis par Oeko-Tex ® sans danger pour la peau de bébé (les standards ne sont pas les mêmes pour un body pour bébé ou pour un pardessus pour adulte). Par contre ça ne veut pas forcément dire que leur vêtements sont fabriqués dans des bonnes conditions. Pour cela il y a le label STeP by Oeko-Tex ®;
  • Le label STeP (Sustainable Textile Production) by Oeko-Tex ® se préoccupe de tout ce qu’il y a en amont, du côté production, celui-ci vérifie les conditions de fabrication: est-ce que l’usine pollue? Est-ce que l’usine utilise des machines eco-friendly? Est-ce que l’usine a mis en place des normes de sécurité? Est-ce que les ouvriers textiles travaillent dans des conditions acceptables? etc.etc. En cliquant sur le lien ici vous pourrez visionner une petite vidéo qui explique simplement en quoi consiste le label  STeP. Je dois vous avouer par contre que je n’ai pas encore lu les 158 pages qui décrivent les standards STeP!
  • Et en fait je rajoute un 3ème point car maintenant il existe le label « made in green » qui couvre à la fois le côté social et environnemental et qui regroupe en gros les 2 certifications citées juste avant. C’est plus simple pour le consommateur de s’y retrouver comme ça! La petite vidéo ici vous explique tout simplement comment ça marche.

OEKO-TEX_MADEINGREEN

Pour aller plus loin, voici quelques liens pour Oeko-Tex ®, Made in Green by Oeko-Tex ® et STeP by Oeko-Tex ®. Vous pouvez chercher sur le site Oeko-Tex sous l’onglet « consommateur » une marque en particulier pour regarder si elle détient un de leur label. Le site de Made in Green quant à lui vous explique comment le label marche, et comment tracer toutes les étapes de la fabrication du vêtement que l’on souhaite acheter. Je ne l’ai pas encore essayé mais dès que j’essaie promis, je partage avec vous!

http://www.madeingreen.com/

https://step.oeko-tex.com/en/step/step_home/home.html

https://www.oeko-tex.com/fr/consumers/consumers.xhtml