Une année de couture… Déjà!!

C’est nous! Croqués par @mrsmonkeyiscrafty 🙂 Elle vous plait cette illustration? Nous on l’adore!! ❤ ❤ It is us! Sketched by @mrsmonkeyiscrafty ❤ ❤ This long article will be translated in English soon ^^

Un an de blog déjà!! Un an qui nous a semblé être une semaine ^^ Un an à ne pas avoir mis les pieds dans un H&M et tous les autres magasins de grandes chaines de fast-fashion (vêtements produits en masse, de façon obscure). Un an que je couds les vêtements dont nous avons besoin, que nous récupérons des habits de seconde main (surtout pour la puce qui grandit comme un champignon), et que nous achetons, avec les économies réalisées, ce que je ne peux pas faire auprès de marques responsables (comme des tricots, accessoires, chaussures de qualité) pour les encourager et les promouvoir. Un an de fourbi perpétuel dans le salon (vous savez ce que c’est la table à repasser les filles et les petits bouts de tissu et de fil partout 😉 ?) dans notre tout petit appart de Hong Kong. Un an à devoir pousser tous les meubles pour pouvoir découper un tissu un peu trop long. Un an à se casser le dos en le faisant par terre. Un an à faire la chasse aux épingles pour les retrouver avant que bébé ne le fasse.

Et une chose est sure, je ne reviendrais en arrière pour rien au monde!! Quel plaisir d’avoir le luxe de pouvoir choisir la coupe et le tissu du vêtement, de pouvoir le faire sur-mesure, d’acheter une matière de qualité, du Oeko-Tex, ou du GOTS, et de pouvoir créer un vêtement responsable abordable pour moins de la moitié du prix du même en magasin. Quel luxe d’avoir le temps de réfléchir aussi, de prendre le temps de choisir son patron, celui qui nous ira bien, et le tissu qui tombera parfaitement. De prendre le temps de développer une relation d’amour avec le vêtement qu’on est en train de créer. Le fait-main est probablement l’un des plus belles armes contre la fast-fashion, je voudrais juste citer Orsola de Castro qui résume tout très bien:

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6 mois après, on en est où? Le bilan financier

Steve porte son T-shirt Strathcona en mérinos, et Vivi son mini cardigan Coppelia aussi en mérinos, au miroir d’eau de Bordeaux. Le mérinos est parfait pour la demie-saison 🙂

[Steve wears his merino Strathcona Tshirt, and Vivi her mini Coppelia cardi, also in merino, they are playing with Bordeaux water mirror. Merino is the perfect material for spring and fall 🙂 ]

Il y a quelques semaines, je vous parlais du bilan de notre aventure 6 mois après, et de l’impact super positif que ce boycott a eu sur nos vies. Aujourd’hui, j’aimerais m’attarder un peu plus longuement avec vous, plus pragmatiquement, sur l’aspect financier. Parce que pour beaucoup de ménages, les fins de mois ne sont pas toujours simples. Et que cet aspect est primordial.

A few weeks ago, I was telling you about the very positive impact this adventure/boycott had on our lives. Today I would like to talk a bit more about the financial side of it. Because for many households, the end of the months are not always easy, and that this aspect is very important too. 

En moyenne, en France, il semblerait que l’on dépense chaque année 616 euros/habitant en habillement (Source:INSEE), ça veut dire qu’une famille moyenne de 3 comme nous dépenserait 1848 euros/an en habillement, hors chaussures (ça en fait des T shirts H&M à 10euros!). Et nous alors qu’est ce qu’on a dépensé en 6 mois? On a dépensé 372 euros pour les fringues maison soit 40% du budget moyen français.

In average, a French person spends about 616 euros / year in clothes (shoes excluded). It means that for an average family that counts 3 persons like us, the yearly expense for clothes would be about 1848 euros/year (it represents quite a few 10 euros/ each H&M Tshirts!). So what did we actually spend over the past 6 months? We spent 372 euros for all our handmade clothes, or 40% of an average French budget.

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6 mois après, on en est où?

Voilà maintenant 6 mois que j’ai commencé ce blog. 6 mois que nous n’achetons plus dans les grandes enseignes, 6 mois que nous ne nous habillons qu’avec ce que nous avons, ce que nous trouvons d’occasion, ou ce que je couds pour ma famille. J’aimerais aujourd’hui faire avec vous un petit bilan à mi-parcours.

Déjà un grand merci à vous qui êtes toujours plus nombreux à venir visiter ce blog, merci pour vos commentaires et encouragements! Vous êtes entre 100 et 300 par jour à venir vous promener par ici et rien ne peut me faire plus plaisir que de vous lire, et réaliser que c’est possible à notre niveau à tous de changer, un petit peu, le monde dans lequel on vit ^^ 

Pourquoi je pense que la couture peut changer notre mode de consommation:

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Les Liebster Awards

Oulalalalala il est grand temps que je publie ce post moi, les nominations s’accumulent et si je ne publie pas très bientôt, vous allez avoir le droit à un roman en 3 tomes sur ma vie!

Quand la blogueuse Brody m’a envoyé un message pour me dire qu’elle m’avait nominée pour un « Liebster Awards », je me suis demandée ce que c’était que cette récompense sur les homards… Excusez-moi… jeu de mot moisi sur le « Lobster », homard en anglais  (j’avais commencé à écrire ce billet il y a quelques temps, et je me rends compte que Pa’Bricole a fait la même blague moisie, les grands esprits se rencontrent 😉 ), et puis je suis allée faire un tour sur son blog où elle nous explique comment ça marche. Les Liebster awards c’est un peu comme le baptême des nouvelles blogueuses de la blogosphère couture. Il va falloir que je révèle 11 faits sur moi, que je réponde aux 11 questions qu’elle nous a choisi et que je nomine d’autres blogueurs/ses par après!

Seulement voila, étant fort occupée ces derniers temps j’ai un peu trainé à publier ma réponse et pouf, Kiwiko, une autre blogueuse vient elle aussi de me nominer!Et le temps que je tape toutes les réponses à ses question, paf rebelote, Pa’Bricole m’a re-nominée! Bref me voilà avec 33 questions et 33 faits et je ne m’en sors pas. Du coup pour faire simple et vous éviter l’overdose, j’ai sélectionné quelques questions, certaines étaient très similaires, et je vous épargnerai les 33 faits 😉

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Engageons nous!

Donc me voilà assise face à la mer de Chine devant ma machine à coudre avec pour compagnie Monsieur Canard, Bibi l’éléphant et l’arche de Noé toute entière imprimée sur des bouts de tissus à mes pieds…

Sur le bureau s’étalent des dizaines de patrons de vêtements pour ma fille chérie, et pour mon pauvre mari (tout aussi chéri) qui n’a pas encore compris que les seuls vêtements qu’il sera autorisé à acheter cette année sont ses chaussettes…

Et oui, roulement de tambour : c’est parti pour une année sans shopping, une année sans vêtements à petits prix, une année sans le plaisir de flâner dans les rayons de Zara Baby, une année à boycotter ces enseignes qui nourrissent notre besoin de surconsommation, bref une année à coudre moi-même mes vêtements et ceux de ma famille !

Pourtant ce n’est pas que je n’aime pas le shopping, loin de là… Mais depuis plusieurs mois, le shopping est devenu une épreuve. Ok, j’étais enceinte jusqu’il n’y a pas longtemps, donc ça n’aide pas pour acheter (vous avez déjà essayé d’enfiler une paire de botte en étant enceinte de 8 mois?) Mais l’élément déclencheur a été notre déménagement à Hong Kong il y a 2 ans.

« Quoi ?? » me direz-vous, « tu ne trouves rien de bien à acheter dans cette ville où – il faut bien le dire – on trouve absolument tout ?? ». Hong Kong capitale mondiale du shopping, avec ses magasins de luxe, ses pubs en 10m par 10, ses produits détaxés, probablement l’une des seules villes du monde, où les gens font la queue pour entrer chez Prada… Ben non, et justement c’est sûrement ça le problème. Paradoxalement vivre dans un temple de la consommation n’aide pas à consommer…

MANTEAUAu contraire devant un océan de consommateurs chacun avec une valise de 1m de haut dans une main, et autant de sacs que possible dans l’autre main, on commence sérieusement à se poser des questions. Déjà, la question de la provenance. Après, on regarde par la fenêtre et on comprend mieux la croûte épaisse de « brouillard » qui ne part pas depuis une semaine. En effet Hong Kong est situé à la sortie du Pearl River Delta, aussi appelé l’usine du monde où se trouvent par exemple les villes de Shenzhen ou Canton. En 2009, on y recensait 70000 usines, qui ferment progressivement au profit d’autres régions ou pays, moins développés ou moins chers.

C’est là qu’on se pose la seconde question, comment sont faits tous ces produits pour satisfaire une telle frénésie ? Et certains incidents, voire accidents comme l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh, ou les grèves violemment réprimées des ouvriers du textile au Cambodge (réclamant un salaire de 170USD pour pouvoir vivre décemment de leur travail, contre 128USD actuellement – Source : Le Monde) nous fournissent une réponse sans appel : dans des conditions de merde. Et dès que les conditions d’un pays ou d’une région « s’améliorent », hop, on en change vite vite (Par exemple, la Chine sous-traite à présent en partie au Cambodge, l’Ethiopie attire de plus en plus d’investisseurs avec ses 50-60 euros de salaire mensuel – Source : Les Echos). Il y aurait des milliers de choses à dire sur les conditions dans lesquelles sont fabriquées nos fringues, il suffit de googler « ouvrier textile » pour trouver des tonnes d’articles relatant les conditions inacceptables de production.

Alors c’est quoi la solution ? Acheter du made in France, où fort heureusement les lois de notre pays protègent les employés ? Ce n’est tristement plus aussi évident… Sainte mondialisation qu’as-tu fait de ce si merveilleux pays à la culture textile qui était si présente ? Je ne sais pas si vous avez suivi l’aventure des Atelières, ou le pari culotté d’une nana qui voulait sauver la lingerie haute couture française (Après que tous les ateliers de confection aient fermé un par un pour s’installer en Tunisie ou en Chine. La différence de prix par contre, le consommateur ne l’a pas vue). J’en ai presque pleuré le 17 févier 2015 quand le tribunal de Lyon a prononcé sa liquidation.

Mais personne ne peut blâmer une personne qui gagne 1000 ou 2000 euros par mois de vouloir être à la mode et bien sapée… Ou de ne pas résister face à une paire de sandales à 10 euros…

Par contre, le plus on en parle, le plus on met le sujet sur le devant de la scène. L’entreprise impose des nouveaux besoins au consommateur mais se doit également d’évoluer pour mieux s’adapter à ses nouvelles exigences. C’est aussi la clef de leur réussite. Et la demande pour « manger bio », « boire du café équitable » ou « acheter des produits direct au producteur » est en plein boom : peu à peu les gens veulent autre chose. Et on est tous prêts à payer un peu plus pour ça. Pas beaucoup plus, juste un peu, ce qu’il faut.

On a pu voir une ligne « équitable » toute nouvelle chez H&M, ligne qu’ils ne se privent pas pour mettre en avant car leur marque entière en est valorisée. Le problème c’est qu’il s’agit d’un pourcentage infime de leur production totale, et que pour l’instant le focus est plus sur l’utilisation de coton biologique que sur les conditions des ouvriers textiles… C’est donc à nous tous de commencer à exiger des vêtements produits dans des bonnes conditions.

Sur ce, revenons à la phase concrète de mon boycott. En réalité, mon mari n’aura pas besoin que je lui couse ses chemises (ouf !). Mesurant 1m87 en Chine, il est de-facto en grève du produit de masse et fait faire ses chemises par des tailleurs locaux très doués (Hong Kong est très réputée pour ses tailleurs, malheureusement eux aussi perdent ce savoir).

Mais pour ma puce qui pousse comme un champignon, et pour moi qui adore les fringues (je peux passer des heures sur le dernier « Officiel 1000 modèles » à observer tous les détails…) ça va être nettement plus délicat… La bonne nouvelle c’est que je sais à peu près coudre, déjà, ça ouvre des perspectives intéressantes. La mauvaise nouvelle c’est que je sais à peu près coudre, et pour créer des veste de tailleurs, des chemises ou des robe de soirée, ça va être sacrément funky : quel challenge ! En effet j’ai toujours cousu pour le plaisir mais jamais pour mon métier qui n’a rien à voir avec la choucroute : mon métier à la base c’est ingénieur aéronautique, spécialité fatigue et tolérance aux dommages des matériaux… Quand je vous disais que ça n’avait rien à voir 😉

Notre aventure devait donc commencer en cette symbolique journée du 1er mai 2015, mais j’ai pris un peu de retard… Est-il possible de consommer différemment sans trop de galère, et tout en se faisant plaisir ?

Nous posterons des tutos (ciel il va falloir que j’apprenne à faire des patrons…), des infos, des bons plans, des liens et pour ceux/celles qui habitent comme nous à Hong Kong, des bonnes adresses pour se fournir en tissus et mercerie. Bon après, « et le tissu ? » me direz-vous… Il faut bien poser des limites… Impossible de faire rentrer une machine à tisser dans un appart de 60m! Mais bon au moins nos fringues seront « sweatshop free » !

C’est parti pour une année à coudre, une année à créer, bref, une année passionnante à Hong Kong !

PS : Et surtout n’hésitez pas à m’envoyer vos impressions, vos remarques et vos bons plans dans les commentaires !