Le défi Redress: 365 jours de fringues d’occasion!

[English translation available at the end]

Il y a des femmes qui inspirent. Christina Dean, qui donnait une conférence hier au K11 art mall fait partie de celles-ci. Christina a fondé l’association « Redress » à Hong Kong en 2007. A l’origine elle ne se destinait pas du tout à donner des conférences devant tous les principaux acteurs de la mode ou papoter avec Bernard Arnault (ndlr: le pdg de LVMH), à l’origine, elle était dentiste à Londres, et allait chez H&M faire son shopping le week-end comme vous et moi. Et puis quelques temps après être arrivée à Hong Kong, et avoir constaté l’ampleur des dégâts sur l’environnement causés par le secteur du textile en particulier, elle a eu une sorte de « révélation », et s’est rendu compte qu’on ne pouvait pas continuer comme ça, à produire, produire, produire, acheter, acheter, acheter, jeter, jeter, jeter.  Redress est une association qui essaie de sensibiliser le consommateur sur les problèmes environnementaux liés à la fast fashion mais pas du tout à grand renforts de sermons du style « non tu ne consommeras point, et avec des vieilles fringues moches tu t’habilleras », bien au contraire, avec leur « Ecochic Design Awards« , ils essaient juste de promouvoir une autre mode, une mode durable, et croient vraiment au « power of fashion ». [La fast fashion, pour faire simple, c’est produire et acheter des fringues de qualité médiocre, à bas coût, destinées à n’être portées que quelques fois, avant d’être jetées. Si vous n’avez pas encore téléchargé « the true cost » c’est le moment de le faire].

Hier, c’était le lancement de leur expo « Y waste? » au K11 shopping mall à Hong Kong (jusqu’au 20 juillet 2015) organisée en partenariat avec les étudiants de la Hong Kong Baptist University. Les lettres Y-W-A-S-T-E-? contiennent la quantité de vêtements jetée à Hong Kong en 2min… (Hong Kong a une population d’un peu plus de 7 millions d’habitants).

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Pour lancer l’expo, Christina a fait une mini conférence sur son défi « 365 jours de fringues d’occasion« . En gros, pendant un an, son dressing ça a été le hangar de tri des vêtements jetés par les hongkongais tout humide, puant et infesté de moustiques. Beurk. Mais par là elle voulait montrer que de nombreux vêtements jetés n’ont rien à faire dans une décharge. Pendant un an, elle est allée piocher des fringues dans les gigantesques piles, et s’est photographiée tous les jours avec une tenue différente, qui provenait de ce hangar. Et le résultat est impressionnant!

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Christina porte une superbe robe d’occasion Diane Von Furstenberg

En plus de ça, chaque mois, elle s’est donné un objectif particulier, pour donner des idées à ceux qui la suivent. En janvier par exemple c’était « les basiques du dressing », elle ne s’est habillée qu’avec des pièces que l’on catégoriserait comme « must-have » et intemporelles (pourtant elles ont fini aussi à la benne!). En février c’était les vêtements durables, ces vêtements qui sont juste d’excellente qualité, bien faits, et dont les boutons ne commencent pas déjà à se défaire en magasin! (pourtant ils ont aussi fini à la benne) Mais il y avait aussi le mois du « répare et ne jette pas » (elle ne prenait que les vêtements jetés car endommagés), « lave et ne jette pas » (oui certaines personnes jettent des magnifiques robes juste parce qu’elles ont une mini-tache qui part avec une brosse à dent et du bicarbonate de soude!), le mois du DIY « bricole tes fringues pour leur donner une 2ème vie », le mois du « échange avec tes copines et ne jette pas » ou encore le mois de la fameuse « petite robe noire » qu’elle a porté tout le mois, pour montrer la polyvalence de ce basique dans sa garde-robe.

Son challenge a été relayé par de nombreux médias, dans de nombreux magasines (oui ces mêmes magasines qui vous disent que ce printemps, le must-have c’est la salopette en léopard H&M, et que la robe fluo c’est out). Mais j’ai du passer à coté car je n’ai connu Redress qu’après avoir commencé mon propre challenge « une année de couture »! C’est une lectrice de Malte qui m’en a parlé. Et ce qui est dingue c’est que je me suis complètement reconnue dans ce que disait Christina (Hong Kong doit faire ça aux gens!). Même si à l’origine nos motivations n’étaient pas tout à fait les mêmes, nos objectifs se rejoignent, ainsi que les moyens que l’on se donne pour y parvenir. En cousant les fringues de ma famille, je peux acheter des tissus de bonnes qualités, les laver avant de les coudre (pour prévenir le rétrécissement qui mènera inéluctablement à la benne), réfléchir longuement avant d’opter pour un patron ou un tissus plutôt que d’acheter sur un coup de tête (lequel ira le lieux?), m’assurer que la coupe tombe bien, que la forme va bien, privilégier des formes évolutives pour bébé. Et puis aussi, quand on passe 3 jours sur un vêtement, à coudre à la main les finitions, on a pas du tout envie qu’il se retrouve à la poubelle! Chaque vêtement, c’est un peu ton bébé.

Pour celles/ceux qui habitent à Hong Kong Redress organise régulièrement des « pop-ups secondhand shops » où vous pouvez trouver des bijoux à prix très raisonnables (Sa robe DVF vient de là). C’est d’ailleurs comme ça en partie qu’ils se financent. Suivez les sur instagram (#getredressed) ou facebook pour connaitre la date et le lieu de la prochaine vente!

[Some women can be called inspiring. Christina Dean, that was giving a talk at the K11 mall yesterday, is one of them. Christina founded the NGO « Redress » in Hong Kong in 2007. Initially, her chosen carrier path was not supposed to lead her to talk in front of all the main actors of the textile industry, or chitchat with Bernard Arnault (the big boss of LVMH), far from it, she was a dentist in London, and was regularly going shopping in H&M like you and me. And some time after she arrived in Hong Kong, and witnessed the damages the textile industry (amongst other ones) caused to the environnement, she realized that we could not keep consuming this way: produce, produce, produce, buy, buy, buy, throw away, throw away, throw away. Redress is an NGO which aims to raise awareness about the environmental issues related to fast fashion. But absolutely not with sermons like « you shall not buy clothes, you shall wear only old ugly clothes », far from it, with their ecochic design awards, they promote a new fashion, a sustainable fashion with style and flair. They believe in the « power of fashion ». Fast fashion to make it easy, it is to produce and buy poor quality clothes, that are meant to be worn once or twice before being chucked away. If you have not downloaded yet « the true cost », it is the time to do it.

Yesterday they launched in K11 their exhibition « Y Waste? » (until the 20th of July 2015), organised with the students of the Hong Kong Baptist University. The letters « Y-W-A-S-T-E-? » contain the quantity of clothes that are discarded in Hong Kong in…. 2 minutes everyday! (Hong Kong population is a bit more than 7 millions inhabitants…)

To launch the exhibition, Christina gave a talk about her « 365 of secondhand challenge ». Basically, for one year, Christina’s dressing room was the stinky, sweaty, mozzies-infested warehouse where clothes that are discarded by hongkongers are sorted. Yuk. But by this challenge she wanted to show that lots of clothes that are chucked away have nothing to do there. For one year, she has been digging through the huge piles of clothes and took pictures of herself everyday with a different stylish outfit, which came from that warehouse. And the result is impressive!!

[Christina wearing a stunning secondhand DVF dress]

On top of that, every months, she added different goals, to give tips and ideas to people following her. For example in January it was the « basics », she only wore pieces of clothing which are timeless and essentials to anyone’s closet (yet they ended up in the bin…). In February, it was durable clothes. The clothes that are really well made, with very high quality fabrics and stitching, whose buttons are not coming off already in the shop (yet they also ended up in the bin…). But there was also the month of « repair it don’t bin it » (she would only pick up the damaged clothes), or « wash it, don’t bin it » (yes people can throw away super expensive dresses for one stain that comes off with a bit of bicarbonate of soda and a toothbrush…) or « tweak your clothes, the diy month » (with a small tweak you can go from looking like a PI with your trench to a real fashionista) or the « little black dress » month where she wore the same dress for an entire month to emphasize the versatility of this basic of the wardrobe.

Her challenge received worldwide coverage, from lots of medias, and magazines (yes the same one that tell you this spring that leopard printed rompers are in, and fluo dresses are out). But I must have missed it because I only got to know Redress after I started my one year of sewing challenge, when a maltese (yes maltese!) reader told me about it. And the crazy thing is that I totally recognize myself into what Christina was saying (Hong Kong must do that to people!). Even though our motivations initially were slightly different, our goal is the same, as well as the means we deploy to get there. By sewing my family’s clothes, I can invest in high quality fabrics, wash it before I sew them (therefore avoid the ineluctable shrinking and disposing after one wash), think a lot before I opt for one fabric or one pattern rather than a compulsive purchase (which one fits best?), ensure that the cut is good, that it fits us well, and priviledge shapes that can evolve with my baby as she grows up. And when you spend 3 days sewing a garment, spending ages on the finishing touches, you certainly do not want to discard it afterwards! Each garment is a bit like your baby. 

For those who live in Hong Kong, Redress often organizes « pop-up secondhand shops » where you can find some jewels at a very reasonable price (her DVF dress comes from one of these shops). It is actually part of how they finance their organisation. Follow them on instagram (#getredressed) or facebook to know the place and date of the next sell!]

 

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9 commentaires sur « Le défi Redress: 365 jours de fringues d’occasion! »

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